Je crée une EURL : de quels impôts serai-je redevable ?

Concernant le résultat

À l'impôt sur le revenu (IR)

Une Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) est, par défaut, imposable à l'impôt sur le revenu (IR). Cette structure constituant une entreprise individuelle, l'entrepreneur est imposé, en son nom, sur le bénéfice de l'entreprise.
Ainsi, le bénéfice (ou déficit) doit être porté sur la déclaration d'ensemble des revenus (formulaire n° 2042-C-Pro) qui peut être télétransmise à partir de son espace personnel accessible depuis ce site.

À l'impôt sur les sociétés (IS)

Sur option, l'entrepreneur peut choisir d'imposer l'EURL à l'impôt sur les sociétés (IS). Dans ce cas, c'est l'EURL qui est redevable de l'impôt. L'entrepreneur est imposable personnellement sur la rémunération qu'il tire de son activité professionnelle.
Cette option est à formuler auprès du service des impôts des entreprises (SIE) gestionnaire dont dépend l'EURL sans formalisme particulier.

NB : si l'associé unique est une personne morale, l'EURL est alors assujettie de plein droit à l'impôt sur les sociétés.

Attention : cette option est irrévocable.

Le changement de modalité d'imposition est assimilé par l'administration à une cessation d'activité. Dès lors, l'existence d'une plus-value latente éventuelle doit être envisagée.
Il convient donc de s'interroger sur la valorisation de l'EURL au moment de l'option par rapportà celle de l'acquisition. En cas de création d'activité, cette valeur est réputée nulle.
Cependant, des dispositifs de report d'imposition de la plus-value peuvent être mis en œuvre au moment du passage de l'IR à l'IS.

Concernant la TVA

En fonction de l'activité

En fonction de la nature d'activité exercée qui peut être exonérée de TVA, l'EURL peut être considérée comme une entreprise assujettie non redevable de TVA. Dans ce cas, aucune démarche n'est à engager.
Dans tous les autres cas, l'EURL est considérée comme une entreprise assujettie redevable de la TVA.

En fonction du régime d'imposition

Si le chiffre d'affaires réalisé est inférieur aux limites de la franchise en base, l'entreprise relève de ce régime. Dans ce cas, aucune démarche n'est à entreprendre (pas de déclaration à remplir).
Seule la mention « TVA non applicable article 293 B du CGI » sur les factures est obligatoire.
Corrélativement, la TVA supportée par l'entreprise sur ses propres achats de biens et services n'est pas déductible non plus.

Si le chiffre d'affaires dépasse les limites de la franchise en base, l'EURL doit déposer des déclarations mensuelles, trimestrielles ou annuelles en fonction du régime d'imposition choisi.

Concernant la Contribution économique territoriale (CET)

Cet impôt est composé de la Cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).

La CFE

La CFE est due chaque année à raison des immobilisations passibles de taxe foncière (les locaux) utlisées à des fins professionnelles au 1er janvier de l'année d'imposition.
Si la valeur retenue pour ces locaux est inférieure à un certain montant, l'EURL est taxée sur la base d'une cotisation minimum, c'est-à-dire au plus petit montant de cotisation attendu par les collectivités locales bénéficiaires de cet impôt.
Cette cotisation minimale est déterminée en fonction du chiffre d'affaires réalisé par l'EURL.

A noter : La loi de finances pour 2019 prévoit une exonération de CFE pour les entreprises imposées à la base minimum et dont le chiffre d'affaires réalisé en 2019 est inférieur à 5 000€. Cette exonération s'applique à compter de l'année 2019.

La CVAE

L'EURL a des obligations déclaratives concernant la CVAE si elle réalise un chiffre d'affaires supérieur à 152 500 € HT.
En revanche, elle ne devient imposable à cette contribution que si son chiffre d'affaires dépasse 500 000 € HT au cours de l'exercice.

MAJ DIS le 17/04/2019