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Les conditions d'imposition

 La taxe sur les salaires doit être acquittée par les employeurs établis en France non soumis à la TVA : lorsqu'ils ne sont pas assujettis à la TVA l'année du versement des rémunérations à leur salariés (ou ne l'ont pas été sur 90 % au moins de leur chiffre d'affaires au cours de l'année civile précédant celle du paiement de ces rémunérations), ils sont redevables de cette taxe.


Qui paye la taxe ?

 
 

L'employeur, c'est-à-dire celui qui nomme, révoque et dirige le salarié, est la seule personne imposable même lorsque le paiement est assuré matériellement par une autre personne.

La taxe est due notamment par les :

  • membres de certaines professions libérales
  • propriétaires fonciers
  • organismes coopératifs, mutualistes et professionnels agricoles
  • sociétés exerçant une activité civile (sociétés d'investissement, sociétés immobilières à l'exception de celles ayant pour objet la construction d'immeubles ou le négoce de biens)
  • établissements bancaires et financiers, d'assurances, etc
  • organismes sans but lucratif
  • entreprises de transports sanitaires pour leur activité non soumise à la TVA (transport de malades ou de blessés)
  • syndicats de copropriétaires
  • centres techniques industriels (CTI)
  • centres d'aide par le travail et les ateliers protégés

 

La notion d'établissement en France
Un employeur est considéré comme établi en France quand il y possède un centre d'opérations présentant un caractère de permanence suffisant et doté d'une certaine autonomie. Dans ce cas, l'employeur est imposable, que les rémunérations proviennent de ressources propres du centre d'opérations ou de l'entreprise située à l'étranger. Les rémunérations sont imposables qu'elles soient payées par l'établissement français ou, pour le compte de ce dernier, par une entreprise située à l'étranger.

Les rémunérations imposables

 
 

La base de calcul de la taxe sur les salaires est alignée sur celle de la CSG applicable aux salaires et assimilés.

Sont donc soumises à la taxe sur les salaires les sommes payées à titre de rémunérations aux salariés, à l’exception de celles correspondant aux prestations de sécurité sociale versées par l’entremise de l’employeur, pour leur montant évalué selon les règles prévues à l’article L 136-2 du CSS, sans qu’il soit toutefois fait application des dispositions du deuxième alinéa du I de cet article.

Pour la majorité des employeurs concernés par la taxe sur les salaires les rémunérations imposables sont principalement :

  • les salaires ou gains
  • les indemnités de congés payés
  • le montant des cotisations salariales
  • les indemnités
  • les primes et gratifications
  • tous les autres avantages en argent et en nature, ainsi que les sommes perçues directement ou par l'entremise d'un tiers à titre de pourboire
  • les indemnités versées en cas de licenciement ou de mise à la retraite (à hauteur de la fraction de ces indemnités soumise à l'impôt sur le revenu).
  • les sommes allouées aux salariés au titre des régimes légaux d’épargne salariale (participation, intéressement, abondements aux plans d’épargne d’entreprise) ;
  • les contributions patronales destinées au financement des prestations de retraite supplémentaire et de prévoyance complémentaire, dès le premier euro.

Désormais, les rémunérations correspondant aux prestations de sécurité sociale versées par l’entremise de l’employeur (indemnité maladie, maternité…) n’entrent pas dans l’assiette de la TS.
Le salaire du conjoint de l'exploitant ou de l'associé d'une société est retenu pour le calcul de la taxe dans la limite du montant admis en déduction pour le calcul du bénéfice (soit, depuis le 1er janvier 2005, 13 800 € ou intégralement pour les adhérents des centres et associations de gestion agréés)


Le cas particulier des employeurs de salariés relevant de la mutualité agricole
Pour les employeurs de salariés agricoles, l'assiette de la taxe sur les salaires est évaluée selon les règles prévues au code rural (articles L. 722-20, L. 751-1 et L. 741-10).
À l'exception des avantages en nature " nourriture " et " logement " et du régime des options de souscription ou d'achat d'actions, les règles définies pour le régime général de la sécurité sociale s'appliquent de la même manière pour la mutualité sociale agricole.

TVA et taxe sur les salaires

 
 

Les employeurs soumis à la TVA sur 90% au moins de la totalité de leur chiffre d'affaires ne sont  pas soumis à la taxe sur les salaires. Pour que les rémunérations versées ne soient pas soumises à la taxe sur les salaires, cette limite de 90% minimum doit être respectée pour l'année précédant celle du versement des rémunérations.

Les employeurs dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas les limites du régime de la franchise en base de TVA (voir "En savoir plus") ne sont également pas soumis à la taxe sur les salaires.

En revanche, les employeurs soumis à la TVA sur moins de 90% du chiffre d'affaires total de l'année précédant celle du versement des rémunérations sont redevables de la taxe sur les salaires : les rémunérations sont alors imposables en fonction du  rapport d'assujettissement à la taxe.


Déterminer son  rapport d'assujettissement à la taxe
Pour calculer ce rapport, il faut :

Diviser

(numérateur)

Le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la TVA (*) l'année précédente, comprenant la somme des recettes et autres produits qui n'ont pas ouvert droit à déduction de la TVA.

x 100

= Rapport d’assujettissement à la taxe

Par

(dénominateur)

Le chiffre d'affaires total (*) de l'année précédente, comprenant le total des recettes et autres produits réalisés par l'employeur, quelles qu'en soient l'origine et la qualification.

(*) y compris les recettes et produits correspondant à des opérations situées hors du champ d'application de la TVA

Exemple :
une entreprise a réalisé en 2011 :
- un chiffre d'affaires non soumis à la TVA égal à 150 000 € ;
- un chiffre d'affaires total (y compris le C.A. non soumis à TVA) égal à 187 500 € ;
Son pourcentage de non-imposition à la TVA pour 2012 est de (150 000 / 187500) x 100 = 80%
Cette entreprise appliquera le rapport d'assujettissement ainsi calculé, soit 80 %, après avoir effectué la répartition du montant total de chaque rémunération brute individuelle entre les tranches du barème progressif d'imposition, c'est-à-dire au montant de chacune des fractions de la rémunération passibles des taux majorés.

Par ailleurs, afin d'atténuer le montant de la taxe sur les salaires pour les employeurs dont le pourcentage d'imposition à la TVA est proche de 90%, l'échelonnement suivant est prévu :

Pourcentage de chiffre d'affaires non soumis à la TVA   10  11 12 13 14 15 16 17 18  19  20 
Pourcentage de taxe sur les salaires à retenir   0 10  12  14  16  18  20 

 

Exemple : En 2011, un employeur était soumis à la TVA sur 89% de son chiffre d'affaires. Le pourcentage de chiffre d'affaires non soumis à la TVA est égal à 11 %. Les rémunérations qu'il verse en 2012 sont soumises à la taxe sur les salaires à hauteur de 2%.


Année de référence pour le calcul du pourcentage : les cas particuliers
Dans certains cas, les employeurs suivants sont autorisés à calculer leur pourcentage de non-imposition à la TVA sur la base du chiffre d'affaires existant l'année même du paiement des rémunérations :

  • les entreprises nouvelles, pour la taxe sur les salaires due au titre de la première année d'activité  ;
  • les entreprises qui optent pour la TVA, pour la taxe sur les salaires due au titre de l'année au cours de laquelle l'option prend effet et pour l'année suivante ;
  • les employeurs qui deviennent passibles de la TVA en cours d'activité, autrement que sur option, pour le calcul de la taxe due au titre de l'année où ils deviennent redevables de la TVA et l'année suivante ;
  • les employeurs qui connaissent une variation importante d'une année à l'autre du rapport existant entre le chiffre d'affaires soumis à la TVA et le chiffre d'affaires total, sur demande adressée au directeur des services fiscaux.

 

En savoir plus

  TVA : les régimes d'imposition

 
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